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Chirurgie du cancer du colon, du rectum et de l'anus

Technique chirurgicale cancer du colon, rectum et anus

Colectomie droite pour le cancer du colon droit

La colectomie droite comporte l’ablation de la partie droite du colon et de la partie distale de l’intestin grêle. Elle doit emporter en bloc le méso, c’est à dire les vaisseaux sanguins et les ganglions du colon droit. En effet, en cas de cancer, il est important d’enlever ces ganglions qui seront examinés au microscope pour savoir si ils sont envahis ou non par la tumeur, cet élément est important pour la décision d’une chimiothérapie après l’opération. Ensuite, la continuité digestive est rétablie par une couture entre l’intestin grêle et le colon, la suture peut être réalisé à l’aide de fils ou de pinces mécaniques. L’intervention a lieu par coelioscopie, c’est à dire à l’aide de plusieurs petites incisions et d’un petite ouverture de 5 cm pour sortir le colon et la tumeur, le plus souvent vers l’ombilic. Elle dure environ 1 heure 30 (entre 1 et 2 heures).

Colectomie gauche et sigmoidectomie pour le cancer du colon gauche

La colectomie gauche est l’ablation de la partie gauche du colon. Elle comporte la mobilisation et l’abaissement de l’angle colique gauche, la section du colon descendant et la partie haute du rectum. En cas de cancer, elle doit emporter en bloc le méso, c’est à dire les vaisseaux sanguins et les ganglions du colon gauche. En effet, il est important d’enlever ces ganglions qui seront examinés au microscope pour savoir si ils sont envahis ou non par la tumeur, cet élément est important pour la décision d’une chimiothérapie après l’opération.L’intervention a lieu par coelioscopie, c’est à dire à l’aide de plusieurs petites incisions et d’un petite ouverture de 5 cm pour sortir le colon et la tumeur, réalisée au dessus du pubis. Elle dure environ 2 heures (de 1h30 à 3h en fonction des difficultés opératoires). Ensuite, la continuité digestive est rétablie par une couture entre le colon abaissé et le haut rectum, la suture est réalisée à l’aide de pinces mécaniques ou de fils.

La resection du rectum pour les cancer du haut moyen et parfois bas rectum

L'intervention consiste à supprimer la portion rectale pathologique. La résection sera large de manière à enlever la tumeur en totalité avec le maximum de ganglions et des marges de sécurité (distance entre la tumeur et la zone de section chirurgicale) de 5 cm.

La confection d'une stomie (anus artificiel) peut être préconisée dans certains cas. Des explications vous seront donné si tel est le cas. Il s'agit en général d'une iléostomie de protection. Le transit est détourné pour permettre une meilleur cicatrisation des intestins.

La  protectomie totale avec anastomose colo anale pour les cancers du très bas rectum

Cette intervention est moins pratiquée du fait des possibilités de plus en plus grande de préserver le sphincter tout en offrant une qualité de résection suffisante sur le plan carcinologique. L'intervention consiste à supprimer la portion rectale pathologique. La résection sera large de manière a résequer la tumeur en totalité et a enlever le maximum de ganglions. Cette intervention est longue en raison de la dissection du bas rectum et d'un temps de "raccordement" du colon avec l'anus par voie basse. Le plus souvent cette anastomose colo-anale est protégée par une iléostomie transitoire qui dévie les selles vers l'extérieur (anus artificiel).

L' amputation abdomino périnéale en cas de cancer du très bas rectum ou de l'anus

Cette intervention comporte une colostomie définitive. C'est à dire la réalisation d'un anus artificiel. Le patient peut bénéficier des conseils et des explications d'une stomathérapeute (Infirmière spécialisée dans les stomies) avant que ne soit faite l'intervention.  Cette consultation a aussi pour but de définir l'endroit sur l'abdomen où la colostomie sera la plus facile à gérer par le patient. Ce geste est appellé "marquage préopératoire" de la colostomie .

La technique chirurgicale comporte deux temps.

  1. Le temps "haut" consiste à mobiliser le colon et le rectum puis à sectionner le colon et à faire une colostomie à gauche.
  2. Le temps "bas" consiste à faire l'ablation du sphincter et du bas rectum et à fermer le périné.

Comme les autres interventions concernant le rectum, l'amputation abdomino-périnéale peut être faite en coelioscopie.

L'hospitalisation et les suites post opératoires

Immédiatement après l’intervention, après une surveillance de quelques heures en salle de réveil, vous serez transféré soit en unités de soins continus soit en service de réanimation chirurgicale, en fonction de l'ampleur du geste chirurgical, de vos antécédents personnels et du déroulement de l'intervention. 

Par la suite vous réintégrerez le service de chirurgie pour la fin du séjour. La durée d'hospitalisation est d'en moyenne entre 7 à 10 jours. 

Durant cette hospitalisation, un des 3 chirurgiens de l'équipe passera vous voir régulièrement afin de gérer:

  • La douleur : soulagée par des médicaments anti-douleur administrés par perfusion ou par la bouche, et/ou une péridurale. Ces traitements sont personnalisés en fonction de votre intervention, de votre capacité à manger, et du niveau de la douleur. L’objectif principal est le soulagement le plus complet des douleurs liées à l’opération.
  • L’alimentation et l’hydratation : Vous aurez les premiers jours une sonde naso gastrique (petit tuyau passant par le nez et allant dans l'estomac, mis en place pendant l'intervention). Celle ci sera retirée sur demande du chirurgien. Une alimentation par les veines sera administrée les premiers jours (et peut être poursuivie une fois l'alimentation orale reprise en cas de dénutrition ). Une fois la sonde naso gastrique retirée,  l’alimentation orale sera alors reprise au bout de quelques jours et ceci de facon progressive.  Dans tous les cas, des compléments alimentaires vous seront proposés de façon à vous apporter suffisamment de protéines permettant une meilleure cicatrisation.
  • Les drainages : ils peuvent être mis en place en fin d’intervention de façon à limiter ou dépister plus précocement certaines complications. Des contrôles de ces drains seront faits régulièrement jusqu’à leur ablation qui sera décidée par le chirurgien. Cette ablation sera réalisée par un(e) infirmier(e) au sein de la clinique durant votre hospitalisation. 
  • La sonde urinaire : mise pendant l'intervention chirurgicale, elle est retirée à quelques jours après l'intervention. 

Le retour à domicile ou en centre de convalescence : 

  • Le retour à domicile :  sera décidé en accord avec votre chirurgien (ou par un de ses confrères après concertation entre ces derniers) . Un transfert en centre de convalescence (ou maison de repos) peut être justifié en fonction de la lourdeur du geste chirurgical, l’apparition de complications, ou de votre fragilité générale (lours antécédents, vie seule..). 
  • Une consultation postopératoire :  est habituellement prévue à 3 semaines  de l’opération : un rendez vous sera automatiquement fixé dès votre sorties de la clinique. En cas de problème entre votre sortie d’hospitalisation et cette consultation, vous pouvez contacter votre chirurgien ou ses confrères à tout moment via le secrétariat ou les urgences de la clinique (en cas d’urgence).

Complications et séquelles potentielles en chirurgie du cancer du colon, rectum et anus

  • Fuite anastomotique

C'est une fuite (défaut d'étanchéité) du montage chirurgical. Elle se traduit par de la fièvre et un inconfort alimentaire et digestif. Il faut  parfois réopérer le patient pour laver la péritonite et drainer la zone fragilisée et réaliser une stomie de dérivation (anus artificiel temporaire ) si il n'a pas deja été réalisé lors de l'intervention initiale. Parfois, la fuite étant petite, un traitement par antibiotiques et une surveillance suffise à atteindre une cicatrisation ultérieure sans nouvelle intervention chirurgicale. 

  • Retard à la reprise du transit

Cela se manifeste par une impossibilité à reprendre une alimentation normale. Le patient vomit. Il est alors nécessaire de remettre une sonde nasogastrique. Si il reste de l'estomac (gastrectomie partielle ), l'estomac opéré ne fonctionne pas normalement dans ce cas. Sa motricité propre est perturbée. Cela se traduit par des vomissements et une impossibilité à reprendre l'alimentation : il faut la aussi temporairement remettre une sonde naso gastrique afin de le soulager. 

  • Pneumopathie

C'est une infection du poumon souvent due à un terrain sous jacent précaire.

Il s'agit de la formation d'un caillot dans une veine de la jambe. Le risque est alors l'évolution vers une embolie pulmonaire.

  • Hémorragie

Cette complication survient le plus souvent dans les 48 premières heures. Si elle est modérée, une simple transfusion peut suffir, sinon une repise chirurgicale s'impose.

  • Occlusion du gréle

Les symptomes sont un arret du transit. Le patient n'a ni gaz, ni selle. Il vomit. Son ventre gonfle.  Le diagnostic sera mis en évidence par un scanner abdominal. Le traitement médical peut suffir mais dans certain cas d'occlusion persistante une réintervention est requise.

  • Incontinence anale

A distance de la chirurgie, après fermeture de l'iléostomie et si conservation de l'anus (pas dans le cadre d'une amputation abdomino périnéale ) une incontinence anale partielle ou totale est parfois possible. Elle est fonction de l'ampleur du geste chirurgical initiale (conservation / atteinte des sphincters anaux ).

 

 

 

 

 

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