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Chirurgie du cancer des ovaires

Les cancers de l’ovaire se développent à partir des cellules qui composent les ovaires. Dans 90 % des cas, c’est la surface externe des ovaires (cellules épithéliales) qui est touchée : il s'agit d'un adénocarcinome. Dans 10% des cas restants,il touche les cellules germinales et stromales (10%). Chaque cancer est unique et se définit notamment en fonction de son type histologique (type de cellules impliquées), de son stade (jusqu’où les cellules cancéreuses se sont-elles propagées ?), et de son aggressivité. 

Technique chirurgicale du cancer des ovaires

La chirurgie est le traitement principal du cancer de l’ovaire. Elle est le plus souvent associée à une chimiothérapie (pré, peri ou post opératoire) qui peut permettre de diminuer la taille tumorale, ou d'éviter la récidive (après la chirurgie gynecologique ). Parfois, elle peut être administrée pendant la chirurgie de résection, il s'agit alors d'une ChimioHyperthermie IntraPéritonéale (CHIP). La chirurgie vise à supprimer la totalité de la tumeur ainsi que ses éventuelles extensions aux organes voisins. L’objectif est d'enlever toute lésion cancéreuse visible par le chirurgien pendant l'intervention chirurgicale. La chimiothérapie permet quant à elle d'éliminer les cellules cancéreuses non visibles par le chirurgien et pénètre d'environ 2 à 5 mm dans les tissus imbibés. 

À un stade précoce, lorsque le cancer est limité aux ovaires, la chirurgie comprend au minimum une ablation des deux ovaires, de l’utérus et des trompes de Fallope : il s'agit d'une hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale. Le chirurgien prélève également un ensemble de tissus vers lesquels les cellules cancéreuses ont tendance à migrer, comme des échantillons du péritoine, les ganglions proche des gros vaisseaux (aorte et veine cave inférieur) et l’épiploon ("tablier" de graisse qui recouvre les intestins). Si le cancer est à un stade plus avancé et a atteint d’autres organes de l’abdomen, notamment des organes digestifs comme le côlon ou le rectum, ceux-ci sont également retirés lors de l’intervention.

Par conséquent, l’opération doit être réalisée par un chirurgien ou une équipe de chirurgiens spécialistes des interventions gynécologiques et digestives et spécialisé en carcinose péritonéale

Chez les femmes avec désir de grossesse, et si le cancer est à un stade très précoce (un seul ovaire atteint) il est parfois possible d'envisager une chirurgie conservatrice : on ne retire que l'ovaire et la trompe de Fallope associée, il s'agit d'une annexectomie unilatérale. Après les grossesses, une ablation de l'ovaire conservé peut être envisagé/ discuté. 

L'hospitalisation et les suites post opératoires

Immédiatement après l’intervention, après une surveillance de quelques heures en salle de réveil, vous serez transféré soit en unités de soins continus soit en service de réanimation chirurgicale, en fonction de l'ampleur du geste chirurgical, de vos antécédents personnels et du déroulement de l'intervention. 

Par la suite vous réintégrerez le service de chirurgie pour la fin du séjour. La durée d'hospitalisation est d'en moyenne une semaine mais peut être plus longue (une quinzaine de jour). 

Durant cette hospitalisation, un des 3 chirurgiens de l'équipe passera vous voir régulièrement afin de gérer

  • La douleur: soulagée par des médicaments anti-douleur administrés par perfusion ou par la bouche, et/ou une péridurale. Ces traitements sont personnalisés en fonction de votre intervention, de votre capacité à manger, et du niveau de la douleur. L’objectif principal est le soulagement le plus complet des douleurs liées à l’opération.
  • L’alimentation et l’hydratation : Les premiers jours vous aurez une sonde naso gastrique (petit tuyau passant par le nez et allant dans l'estomac, mis en place pendant l'intervention si nécessaire ). Puis dès que le chirurgien le permettra, vous aurez une alimentation orale progressive. Parfois (si inconfort ou sonde gastrique), l'alimentation peut être administrée par les veines pour garantir un apport calorique journalier suffisant et pour un meilleur confort. Dans tous les cas, des compléments alimentaires vous seront proposés de façon à vous apporter suffisamment de protéines permettant une meilleure cicatrisation.
  • Les drainages : ils peuvent être mis en place en fin d’intervention de façon à limiter ou dépister plus précocement certaines complications. Des contrôles de ces drains seront faits régulièrement jusqu’à leur ablation qui sera décidée par le chirurgien. Cette ablation sera réalisée par un(e) infirmier(e) au sein de la clinique durant votre hospitalisation.
  • La sonde urinaire : elle sera retirée en moyenne 4 jours après l'intervention (plus longtemps si il y a eu un geste sur la vessie).

Le retour à domicile ou en centre de convalescence

  • Le retour à domicile :  sera décidé en accord avec votre chirurgien (ou par un de ses confrères après concertation entre ces derniers) . Un transfert en centre de convalescence (ou maison de repos) peut être justifié en fonction de la lourdeur du geste chirurgical, l’apparition de complications, ou de votre fragilité générale (lourds antécédents, vie seule..). 
  • Une consultation postopératoire :  est habituellement prévue à 3 semaines  de l’opération : un rendez vous sera automatiquement fixé dès votre sorties de la clinique. En cas de problème entre votre sortie d’hospitalisation et cette consultation, vous pouvez contacter votre chirurgien ou ses confrères à tout moment via le secrétariat ou les urgences de la clinique (en cas d’urgence).

Complications et séquelles potentielles de la chirurgie du cancer des ovaires

Des effets secondaires peuvent survenir tout de suite après la chirurgie ou dans les semaines qui suivent :

  • Mauvaise cicatrisation intestinale : dans les chirurgies les plus lourdes, un défaut de cicatrisation est possible au niveau des organes digestifs. Cette complication peut se manifester notamment par une fièvre ou des douleurs abdominales. Elle peut nécessité alors la mise en place d'un traitement antibiotique, un drainage radiologique ou une nouvelle intervention chirurgicale.
  • Lymphocèle : il s’agit de l'accumulation de lymphe à l’endroit où les ganglions lymphatiques ont été détruits par le chirurgien. Une ponction par voie radiologique peut être indiquée pour évacuer cette accumulation de liquide.
  • Hémorragie post opératoire: comme après toute intervention chirurgicale, le risque d’hémorragie est possible et peut nécessiter une transfusion voir parfois une reprise chirurgicale. 
  • Hématome ou infection de cicatrice : bien souvent, des soins locaux réalisés par les infirmières et parfois des antibiotiques permettent de traiter le problème.
  • Ménaupose précoce : si l’intervention a été complète, elle rend impossible toute grossesse future et entraîne une ménopause artificielle (arrêt des règles, pour les femmes encore en âge de procréer), qui s’accompagne d'effets secondaires propres à la ménopause (bouffées de chaleur, etc.). Un traitement hormonal substitutif (THS) peut apporter à l'organisme les hormones que produisaient les ovaires. Cette hormonothérapie substitutive est contre-indiquée en cas de cancer lié à une prédisposition génétique.
  • Dyspareunie (douleur pendant l'acte sexuel) : elles peuvent apparaitre plusieurs mois après l'intervention , dû à une mauvaise lubrification du vagin (conséquence de la baisse d'hormone induite par l'ablation des ovaires). Des topiques locaux ainsi que du lubrifiant peuvent être utilisés. 
  • Lymphoedeme : La destruction des ganglions lymphatiques proches des ovaires peut entraîner un œdème (lymphœdème), qui se manifeste par un gonflement dans la jambe. Des massages réalisés par un kinésithérapeute peuvent être prescrits pour réduire l’œdème (drainage lymphatique). Cet effet indésirable peut apparaître plusieurs mois après l’intervention. Cette complication est rare.

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